ABREUVER LE FOU QUI DORT EN NOS DÉSERTS
(Extrait)

Sables
Dans mes sables émouvants
Il n’y a pas de barrière,
rien ne me stoppe ni ne me tempère
Pas de frein, pas de marche arrière
C’est le dévidoir de ma stratosphère.
Dans mes sables éprouvants
Je suis souvent vipère,
C’est mon seul lieu d’exil, lieu de guerre,
L’espace fragile de mes démons délétères,
Un trou noir dans lequel tout m’indiffère.
Dans mes sables éreintants
Je ne suis pas très fière,
Je me perds vaillamment dans les dévers,
Je retrouve le fil du vent au creux de l’air,
C’est une page m’aspirant au goût amer.
Dans mes sables étreignant
Il y a comme la mer
Flots d’eau salant le bord de mes déserts,
Comme une plaie le mal béant, ouvert,
C’est un chant obsédant qui me libère.
Dans mes sables envoûtants
J’étreins la terre,
Je tente une infortune plutôt sévère,
Je pose sur la lune les pieds de mes vers,
Et prie la vie, doucement, de se taire.
De jaune de bleu
D’ombres et de lumière
De glace et de feu
Femme je suis
De jaune et de bleu
D’arbre et de terre
De monts et de creux
Femme je vis
De déliés, de nœuds
De joie de misère
De son et de je
Femme gémit
De paix et de vœux
De soie et de pierre
De rois et de gueux
Femme séduit
De tant et de peu
De secondes et d’ère
De moi un peu d’eux
Femme survit
De diable et de dieu
D’ombres et de lumière
De glace et de feu
Femme je suis
De jaune et de bleu
