
Joël BERTHELOT
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Edi'lybris : Bonjour Joël
Joël BERTHELOT : Bonjour Pierre
Être accepté par le comité de lecture est l’une des premières étapes à franchir pour être publié au sein d’Edi’lybris. Comment cela s’est-il passé pour toi ?
Je t’ai adressé par mail mon livre avec quelques mots pour expliquer mon « jeune » parcours d’auteur, qui j’étais, d’où je venais, enfin tout le « tra-la-la » et quelques jours plus tard, sans trop y penser ( ?), tu m’as appelé pour me remercier et surtout m’expliquer comment fonctionne l’édition. Par la suite, j’ai reçu, au fur et à mesure de leur retour, le ressenti et les mails de ton comité de lecture et leur approbation pour accord d’une édition. Les courriers étaient évocateurs et j’ai réellement ressenti, non pas une fierté, mais une émotion que je ne pouvais transmettre !
Quelle impression gardes-tu de ta collaboration avec l’équipe rédactionnelle ? Les conseils prodigués ont-ils été à la hauteur de tes attentes ?
Le domaine de l’édition est un monde particulier qui a ses règles et ses choix. Avec Edi’Lybris, j’ai rencontré des auteurs simples, un éditeur rempli de conseils notamment dans l’écriture qui reste toujours ambigüe avec des phrases délicates et trop longues, des conjugaisons tarabiscotées : notre langue est souvent tordue, mais il faut la défendre ! Concevoir un bouquin, c’est bien, mais rester dans son coin est à éviter. On a besoin de conseils pour comprendre, apprendre, échanger, oui c’est peut-être ça le secret d’écrire, échanger et transmettre. On écrit, on aime ce que l’on fait, on est fier quand tout est abouti, mais après ? L’aventure commence là, quand tout est terminé, c’est le départ de l’ouvrage !
Parlons du livre à paraître. Comment t’est venue l’idée d’écrire sur ce sujet ?
Merci Pierre de poser cette question. C’est tout simple. J’ai écrit un bouquin sur mon arrière-grand-oncle né en 1876, intitulé « le parfum des racines ». Il raconte une vie entière à travers son journal écrit en 1946. J’ai eu la chance de lire récemment son manuscrit avec des lettres et des mots tout en rondeur, ses anecdotes, son parcours. J’ai raconté sa tranche d’histoire vécue en 14/18 que beaucoup ne connaissent pas, une souffrance de l’éloignement de ses racines, loin, très loin, hors de France. Je ne savais rien de lui, encore moins de son manuscrit. J’ai lu, j’ai aimé, j’ai bistré ses anecdotes, j’ai cherché des photos, des cartes de l’époque… Beaucoup d’émotions à travers son histoire. Je ne souhaitais pas qu’elle se termine dans un tiroir, perdue et effacée comme tant d’autres. Ce livre a été primé par un comité de lecture et j’en suis très fier, non pas pour moi mais pour ce héros « familial » que j’ai découvert et qui méritait, à ma façon, de réaliser un bouquin. Cela m’a encouragé à écrire une autre vie, une autre histoire, un autre ailleurs, … « J’ai tellement envie de t’écrire » s’inscrit dans cet accord et est tout ça à la fois. Il s’intègre à une bonne inspiration fidèle et juste. Voilà, c’est tout simple ! Ce n’est pas une passion, mais une envie de partager…
Peux-tu résumer en quelques mots l’intrigue, sans dévoiler la fin bien sûr ?
Toujours difficile de dévoiler, mais tellement tentant… C’est, cette fois ci, un roman historique basé sur des circonstances vécues, en 1917 et plus, en Allemagne dans un camp. Un prisonnier comme tant d’autres, mais lui est paumé dans sa mémoire en friche, il cherche et se cherche... ! Ce n’est pas un héros, les héros n’existent pas. Il devient, malgré lui, un fil rouge pour raconter et tenter de survivre ! À travers sa souffrance, se détache un sentiment d’attachement, presque de chaleur pour comprendre son tourment… À travers lui, j’ai aimé mon émotion égoïstement ! Je ne sais pas si ça se dit !
Ce qui m’attire c’est rechercher le rien, où il y a peu d’écrits sur une époque perdue, loin de chez nous. Je me dis souvent que c’est un « ailleurs inracontable ! ». Créer une histoire sur un environnement difficile et vrai est toujours délicat. Mais je me suis lancé… comme un tableau sans couleur, que du noir et blanc. Il faut aimer l’Histoire, elle a tellement à nous apprendre… Alors, à travers elle, à travers la vie ici, j’espère faire apprendre… ! Je ne dévoile rien, mais certaines lumières l’éclairent encore !
La couverture : du projet à l’étape finale, une aventure ?
Non, ce n’est pas une aventure, mais un dessin de Jean-Louis Forain, qui me plaisait bien et correspondait bien à cette histoire. J’ai contacté les arrière-petits-enfants de ce peintre d’époque pour avoir leur permission de publier ce dessin en couverture. Son œuvre, sa vie, son histoire, tout est écrit pour expliquer qui il était. Là aussi, une belle émotion d’avoir l’accord et entendre une voix d’une descendante qui défend les valeurs de son aïeul !
Quel message souhaites-tu délivrer à travers ton récit ?
C’est surtout un récit de partages avec un grand S. Perso, j’avais une histoire à écrire, sans penser à un message. Peut-être un besoin d’éclairer un peu un pan disparu, mais à mon niveau, je n’ai rien à délivrer. Les générations se suivent et ne se ressemblent pas. Chacun vit à son époque comme il l’entend, mais ces époques sont toujours troublées par des « quelques choses » ou des « quelqu’uns »… L’histoire peut révéler des compréhensions de ce qui a pu se passer et comme on dit souvent : « ne pas revivre les mêmes choses ! »… Ah bon ? On voudrait tellement que ça soit vrai !
Ah, si ! J’ai un message quand même : faisons lire et surtout aimons faire lire !
As-tu un nouveau projet d’écriture ? Si oui, peux-tu en dévoiler quelques aspects ?
Quand on commence, difficile de s’arrêter… un jour peut-être ! Je gribouille quelques chapitres en ce moment… Je m’aperçois qu’au fil du temps, les intrigues ont la cote ! Alors pourquoi pas ? Une histoire, une vie aimante, des vies sinueuses, un cadre… mais toujours vrai pour faire connaître !
Un dernier mot à l’attention des lecteurs ?
Le verbe partager est un verbe qui doit s’entendre et se transmettre (ça c’est de moi…) Tant mieux si l’histoire plaît et encore plein de tant mieux si l’Histoire vient éclairer notre présent !


